Accord UE–Mercosur : la France annonce qu’elle votera contre
- Nadine CHENNAFI

- 19 déc. 2025
- 3 min de lecture

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur fait l’objet de débats récurrents depuis plusieurs années. Présenté comme une opportunité commerciale majeure, il suscite en France une opposition persistante, à la fois économique, agricole et environnementale.
La position française est désormais claire : la France annonce qu’elle votera contre l’accord UE–Mercosur en l’état.
Cette décision s’inscrit dans un contexte où les questions de souveraineté économique, de normes et de protection des filières nationales occupent une place déterminante dans le débat public.
Qu’est-ce que l’accord UE–Mercosur ?
Le Mercosur est un ensemble économique sud-américain réunissant principalement l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. L’accord UE–Mercosur vise à instaurer une zone de libre-échange entre ces pays et l’Union européenne.
Le texte prévoit notamment :
une baisse progressive des droits de douane,
une ouverture accrue des marchés,
une intensification des échanges commerciaux entre les deux zones.
L’objectif affiché est de faciliter les exportations et de renforcer les relations économiques entre l’Europe et l’Amérique du Sud.
Les enjeux économiques pour la France
Des bénéfices concentrés sur certains secteurs
Pour plusieurs filières industrielles européennes, l’accord pourrait offrir des perspectives commerciales élargies, notamment pour :
l’automobile,
les équipements industriels,
les vins et spiritueux,
certaines activités de services.
Ces secteurs disposent déjà d’une capacité d’exportation structurée et pourraient accéder plus facilement aux marchés sud-américains.
Une agriculture française fortement exposée
L’opposition française repose en grande partie sur les conséquences attendues pour l’agriculture. Les filières d’élevage, en particulier la viande bovine et la volaille, redoutent une concurrence accrue de produits importés à coûts plus bas.
Cette situation alimente un risque de déséquilibre économique pour de nombreuses exploitations, déjà fragilisées par la hausse des charges et les exigences réglementaires européennes.
Normes environnementales et sanitaires : un point de tension majeur
L’accord UE–Mercosur soulève également des interrogations profondes sur :
l’utilisation de substances interdites dans l’Union européenne,
la traçabilité des produits importés,
le respect des engagements climatiques,
la lutte contre la déforestation.
Pour la France, les garanties actuelles ne permettent pas d’assurer une équivalence réelle des règles entre les producteurs européens et sud-américains. Cette absence d’alignement est jugée incompatible avec les orientations environnementales défendues au niveau national.
Pourquoi la France annonce qu’elle votera contre
La décision française repose sur plusieurs axes :
la protection des filières agricoles,
la cohérence des politiques environnementales,
le refus d’un accord perçu comme déséquilibré sur le plan réglementaire.
Le gouvernement considère que, sans engagements contraignants et contrôlables, l’accord ne répond pas aux exigences françaises en matière économique, sociale et environnementale. Dans ces conditions, la ratification n’est pas envisagée.
Une ratification encore incertaine au niveau européen
L’accord UE–Mercosur n’est pas encore entré en vigueur. Il doit être validé par les institutions européennes et les États membres. La position française pèse lourdement dans ce processus et contribue à maintenir le dossier dans une phase de négociation et de blocage.
L’accord UE–Mercosur illustre les tensions actuelles entre ouverture commerciale et protection des équilibres économiques nationaux.
En annonçant qu’elle votera contre, la France affirme une ligne politique fondée sur la défense de ses filières, de ses normes et de sa vision du commerce international.
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Sources
Commission européenne – Direction générale du commerce
Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
France 24 – Dossiers UE–Mercosur
Reuters – Négociations commerciales UE–Mercosur
Fondation Jean-Jaurès – Analyses sur les accords commerciaux
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